Interdiction de location des logements classés G au DPE

Logements classés G en location : règles et situations particulières

janvier 15, 2025 admin Comments Off

Logements classés G en location : règles et situations particulières

Information générale : les règles applicables dépendent notamment du bail, de sa date et de la situation du logement. Les contraintes techniques ne constituent pas une autorisation automatique de louer un logement non décent.

Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, le critère de décence énergétique concerne les logements classés G au diagnostic de performance énergétique. Cette évolution vise à accélérer la rénovation des logements les plus énergivores.

Son application dépend notamment de la date du bail, de son renouvellement et de la situation du logement. Certaines contraintes techniques ou décisions de copropriété peuvent être prises en compte par le juge, sans constituer pour autant une autorisation générale de louer un logement non décent.

Comprendre le diagnostic de performance énergétique

Le DPE est un document obligatoire qui évalue la performance énergétique d’un logement en lui attribuant une étiquette allant de A (très performant) à G (très énergivore). Il informe sur la consommation énergétique et l’impact en termes d’émissions de gaz à effet de serre. Depuis le 1ᵉʳ juillet 2021, le DPE a été fiabilisé et est devenu juridiquement opposable, renforçant ainsi sa crédibilité et son importance dans les transactions immobilières.

La décence énergétique des logements classés G

La loi « Climat et Résilience » du 22 août 2021 a instauré une interdiction progressive de la location des logements énergivores :

  • Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025 : les logements classés G sont considérés comme non décents et ne peuvent plus être proposés à la location.
  • À partir du 1ᵉʳ janvier 2028 : cette interdiction s’étendra aux logements classés F.
  • À compter du 1ᵉʳ janvier 2034 : les logements classés E seront également concernés.

Ces mesures s’appliquent aux nouveaux contrats de location, ainsi qu’aux renouvellements et reconductions tacites des baux existants (source).

Situations particulières à examiner

Plusieurs situations nécessitent une analyse juridique et technique précise. Elles ne doivent pas être présentées comme des dérogations automatiques :

  1. Contrats en cours : Les baux signés avant le 1ᵉʳ janvier 2025 ne sont pas immédiatement concernés. L’interdiction s’appliquera lors du renouvellement ou de la reconduction tacite du bail. Par exemple, pour un bail de trois ans signé le 1ᵉʳ janvier 2023, l’interdiction prendra effet au 1ᵉʳ janvier 2026 (source).
  2. Contraintes techniques ou architecturales : elles doivent être documentées. Elles peuvent être prises en compte dans l’examen des mesures ordonnées, mais ne rendent pas automatiquement le logement conforme au critère de décence.
  3. Décision de copropriété : le propriétaire doit conserver les démarches, votes et refus concernant les travaux relevant des parties communes. Cette situation doit être appréciée au cas par cas.
  4. Logements de petite surface : Depuis le 1ᵉʳ juillet 2024, les seuils des étiquettes du DPE ont été modifiés pour les logements de moins de 40 m², permettant à certains de sortir de la catégorie G. Cette adaptation vise à éviter une interdiction de location pour ces petites surfaces, souvent occupées par des étudiants ou des personnes seules.

Conséquences possibles en cas de non-respect

Louer un logement classé G en violation de la législation expose le propriétaire à plusieurs sanctions :

  • Recours du locataire : il peut demander la mise en conformité du logement et saisir les organismes ou juridictions compétents.
  • Obligation de réaliser des travaux : le propriétaire peut être contraint de mettre le logement en conformité.
  • Effets sur le loyer : le juge peut notamment ordonner des travaux et décider de mesures concernant le paiement ou le montant du loyer selon le dossier.

De plus, le locataire dispose de recours pour exiger la mise en conformité du logement, pouvant aller jusqu’à une action en justice (source).

Préparer la rénovation d’un logement classé G

Pour continuer à louer leur bien, les propriétaires de logements classés G doivent entreprendre des travaux de rénovation énergétique afin d’améliorer la performance du logement et atteindre au moins la classe F. Voici quelques étapes clés :

  1. Faire analyser le projet : pour une rénovation, l’audit énergétique étudie les déperditions, compare des scénarios et estime les coûts et performances attendus.
  2. Prioriser les travaux efficaces : isolation des combles, des murs, remplacement des systèmes de chauffage obsolètes, etc.
  3. Solliciter des aides financières : des dispositifs comme MaPrimeRénov’ ou les certificats d’économies d’énergie (CEE) peuvent alléger le coût des travaux.
  4. Faire appel à des professionnels certifiés : pour garantir la qualité des travaux et bénéficier des aides, il est recommandé de s’adresser à des artisans Reconnu Garant de l’Environnement (RGE).

Pour structurer les travaux, consultez notre audit énergétique pour la rénovation et notre méthode d’analyse.


Effets sur les projets immobiliers

Hausse des rénovations énergétiques

L’interdiction de location des logements classés G a entraîné une augmentation des demandes de rénovation énergétique. Les propriétaires se retrouvent dans l’obligation de rénover rapidement pour maintenir leurs biens sur le marché locatif. Cette tendance devrait se renforcer dans les années à venir avec l’interdiction des logements classés F et E.

Effet sur les prix de l’immobilier

Les logements mal classés énergétiquement subissent une dévaluation. En revanche, les biens rénovés et bien classés bénéficient d’une valorisation accrue, ce qui peut représenter une opportunité pour les propriétaires ayant investi dans des travaux.


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